Saint-Gilles
Economie
Par Chay Christophe
Publié le 17/01/2021 à 09:30

Aides exceptionnelles Covid-19 : les manadiers soutenus, les ganaderos oubliés toussent…

Afin de survivre à la crise sanitaire et à l’arrêt de la quasi-totalité des manifestations taurines, les éleveurs français de taureaux de combat n’ont dû leur salut qu’à la mobilisation des aficionados. Lancée au printemps sur les réseaux sociaux, une cagnotte participative a permis de signer un chèque de 55.331 euros en faveur de l’association réunissant 41 ganaderos du Grand Sud. Partagée entre les différents membres, chaque éleveur de toro brave a ainsi pu recevoir un don d’un peu plus de 1.000 euros.


Une aide qui a été la seule conférée en 2020… En avril dernier, alors que leurs collègues manadiers et éleveurs de chevaux Camargue, recevaient une aide mensuelle temporaire de la Région Occitanie dans le cadre du Plan Camargue, les ganaderos devaient compter sur leur seule organisation : se repenser, réduire le nombre de têtes de bétail, vendre plus de viande, réinvestir à perte sur des fonds propres… Une nouvelle aide votée en direction de 12 manadiers du territoire de l’agglo de Nîmes-Métropole a fini de mettre à mal la patience de certains ganaderos, évoquant une discrimination à l’élevage.


On compte 10 ganaderos sur le territoire d’Occitanie, dont 3 sur celui de Nîmes-Métropole. A Saint-Gilles, la famille Fare, propriétaire de la ganadería La Paluna, est voisine avec la célèbre manade Aubanel. Les deux exploitations élèvent des taureaux avec la même passion, de races différentes, mais participent d’une activité identique dont les vertus se traduisent par un maintien du biotope de la Petite Camargue, de sa faune et de sa flore.


Le 14 décembre dernier, si les deux manades Aubanel, Blanc, Espelly, Cuillé, l’Etrier, Rousty, Briaux, Joubert, Lagarde, Didelot, Mollières et la Romance ont pu bénéficier d’une aide exceptionnelle de 1.000 euros votée par les élus de Nîmes-Métropole, c’est parce que celle-ci concerne l’attribution d’un fond de solidarité dont les principes d’attribution se calquent sur le Plan Camargue défini en 2018 par la Région Occitanie. Une « double peine » pour les ganaderos locaux, eux aussi contribuables, même si l’adjoint aux Traditions de l’Agglo affirme réfléchir à une autre forme d’aide. Afin de retrouver une activité « normale », ces éleveurs pourraient être notamment intégrés dans le cadre des manifestations taurines de l’Agglo, que Nîmes-Métropole espère pouvoir lancer dans plusieurs communes au printemps prochains. Des courses camarguaise, des concours d’abrivados, de chevaux Camargue et des tientas pédogagiques composeront l’ossature de la programmation.


Des aides qui deviennent urgentes pour ces éleveurs de taureaux oubliés. A La Paluna, avec l’annulation des différents événements publics prévus sur place, on estime la perte sèche à 18.000 euros sur l’année 2020.


Interviews : Olivier Riboulet (éleveur de taureaux de combat à Saint-Gilles, propriétaire des ganaderías du Scamandre et de Sol), Vincent Fare (éleveur de taureaux de combat à Saint-Gilles, propriétaire de la ganadería La Paluna), Gaël Dupret (maire DVD de Sernhac, délégué aux Relations intracommunautaires et délégué aux Traditions et à la Politique d’animation communautaire).